Lent périple 

J’avais écrit en 2002 et je le voulais vraiment : « J’irai à pied, seule, sac au dos, car la marche est le rythme de la pensée. Arriver à pied est un excellent moyen pour provoquer la parole et pour se faire accepter. Marcher me met dans la proximité et la temporalité des personnes âgées... »

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Et puis je suis partie au Cambodge, Vietnam, Thaïlande pour la première étape de mon projet... Et là, j’ai vu de près mon utopie : plus personne ne marchait ici. Au contraire, les gens me regardaient comme une bête curieuse avec mon gros sac sous cet énorme soleil... Et il n’y avait pas vraiment de chemins ni de cartes à jour... Ce n’était pas possible de faire un film ainsi.

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Alors je continue à aller tout doucement, à marcher, à prendre les barques lentes, un vélo, un omnibus pour toujours être « disponible au temps qui passe, m’obliger à m’arrêter, à perdre ma place et à dépendre des habitants. Au long de ma « route de la vieillesse », au hasard de l’hospitalité et des empathies, en parlant de mon aventure, les rencontres se font au hasard. De « belles » singularités se révèlent, nous nous apprivoisons et je m’installe un temps long avec elles, pour partager leurs vieillesses... Mais toujours, entre deux rencontres, deux tournages, deux idées : « Marcher me permet de faire résonner lentement, longuement, les paroles entendues pour les faire miennes et les partager avec ceux que je rencontre un peu plus loin. Marcher me déplace doucement, m’inscrit dans le sol, dans le paysage... Marcher construit mes rêves, mes histoires à écrire, mes pensées... » Aujourd’hui- novembre 2007-, je prévois de traverser le Chili du Nord au Sud pendant quatre à cinq mois et même si je rêve les étapes de ce périple, je sais qu’elles seront toutes différentes...

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Marcher

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