L’amour au pays des vermeils 


Extraits Article Libération
Par Ondine MILLOT
Mardi 26 septembre 2006
L’amour au pays des vermeils.

Sexualité. Dans les maisons de retraite, les relations amoureuses et sexuelles entre personnes âgées sont toujours taboues et parfois mal perçues. Tant par le personnel que par les familles.
« Parmi la centaine de résidents de la maison de retraite Hotelia, à Fréjus, dont la majorité sont veufs ou célibataires, une petite dizaine de couples se sont formés ces dernières années. “Ce sont de belles histoires et pourtant, ce n’est jamais simple, résume le directeur. Les couples se heurtent aux réticences du personnel soignant, qui trop souvent pense que l’amour et la sexualité n’ont pas leur place en maison de retraite. Et à l’opposition des familles, parfois encore plus violente.“ Tabou de l’âge, réflexes de surprotection... “ Les enfants ont du mal à accepter que leurs parents aient encore une vie sentimentale à 80 ans, surtout s’ils ont remplacé leur conjoint défunt par un nouveau partenaire, développe la psychologue de l’établissement. Ils ont peu aussi que l‘héritage leur échappe.“ La sexualité, insiste Gérard Ribes, psychiatre, “ne s’arrête pas à un certain âge, ni à certaines pratiques génitales. C’est aussi les baisers, les caresses...“

L’intimité en maison de retraite ? Ce n’est pas toujours évident lorsque l’on vit en collectivité. “Les soignants ne frappent pas toujours avant d’entrer, ou alors ils frappent mais entrent directement, constatent les résidents.“
La question se pose également dans de nombreux lieux d’accueil des personnes âgées, où les soignants laissent bien souvent la porte ouverte pour s’assurer régulièrement que tout va bien.

La situation devient délicate lorsque l’histoire d’amour implique une ou deux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.
La difficulté est de s’assurer du libre consentement ... Tout en gardant à l’esprit que la maladie n’empêche pas d’avoir droit à une vie affective et sexuelle“, explique le président de la Conférence nationale des directeurs d’Ehpad. “Le problème est que bien souvent les familles ont tendance à couver ces personnes.
Pourtant, ce n’est pas parce qu’une personne souffre d’Alzheimer qu’elle n’a plus de désirs. Le tabou demeure...