Les écoles primaires 

Le projet "Vieillesses Partagées, Périple au plus près du monde" se pose avant tout comme un moteur, un révélateur, poussant à la réflexion et la remise en question. Favoriser les échanges interculturels et intergénérationnels par le débat, des projections, des expos photos, le multimédia... Et qui mieux que les enfants peut envisager demain ? Parler de la vieillesse, de la prise en charge de celle-ci, du rapport qu’elle a avec la société, en classe se révèle être un axe de recherche original pour les instituteurs...

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En effet, le lien entre les générations se modifie ; souvent, les distances ne favorisent plus les relations des enfants avec leurs grands-parents, surtout lorsque ceux-ci se retrouvent en maisons de retraite, souvent isolées. Nous proposons donc aux écoliers et leurs instituteurs un travail approfondi, sur le long terme et s’intégrant aux programmes scolaires. Le site Internet www.bonpied-bonoeil.org est un véritable carnet de voyage, avec des cartes, qui leur permet de communiquer avec des personnes étrangères. Des activités d’écriture, de géographie sont l’occasion de les éveiller à la citoyenneté. L’apprentissage du maniement d’appareils photographiques et la réalisation de portraits de personnes âgées leur permettent de créer des liens spécifiques. En participant à notre projet, une prise de conscience des enjeux s’impose à chacun. À l’issue de l’année scolaire, l’exposition de leurs propres photographies, de leurs travaux écrits, mêlés à ceux provenant des voyages documentaires, devrait permettre la participation des parents et des grands-parents à une fête intergénérationnelle.

ECOLE DE MAROLS (42), Classe CE2 CM1

OCTOBRE 2006 : Après un travail en amont avec les professeurs et Carine (membre de l’association et chargée de mission médiation sur le projet), les élèves ont pu rencontrer Catherine, quelques temps avant son départ pour le Cambodge et la première étape de son périple. Ce fut l’occasion de multitudes de questions. En voici quelques extraits :

-Comment tu vas faire pour parler aux gens au Cambodge ?
- Depuis un mois, j’apprends le Kmers dans une pagode. Un moine m’apprend la langue : pour dire "bonjour", on dit "Tchum reab sour".

Le maître leur montre sur un rétroprojecteur une photo de pagode.

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- Pourquoi ils parlent comme ça ?
- C’est une langue très ancienne ; il y a 50 consonnes, 26 voyelles, et 15 syllabes autonomes, plus des pieds pour contracter l’écriture. Ils ne détachent pas les lettres ; c’est ça qui est difficile.

- Quels paysages tu vas traverser au Cambodge ?
- Le Cambodge est un pays plat, avec un grand lac ancien, de grands fleuves où les gens circulent en bateau. Il y a beaucoup d’eau dans ce pays ; des gens font pousser du riz, dans des rizières. Il y a aussi des forêts désertiques.

- Est-ce que tu vas prendre le car là-bas, quand tu seras fatiguée ?
- Effectivement, l’objectif sera de beaucoup marcher quand je serais seule, mais quand je serais avec des gens, j’utiliserais le même moyen de transport qu’eux. De plus, pour filmer, c’est plus difficile de marcher, ça bouge sans cesse.

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- Qu’est-ce qu’on mange là-bas ?
- Beaucoup de riz, et du poisson, des crevettes, des légumes aussi, c’est très varié, très sophistiqué. On mange avec des baguettes, et la préparation des plats est longue.

- Comment vas-tu faire pour ne pas te perdre ?
- Très bonne question ! Je pense que je demanderais toujours aux gens, comme je fais toujours.

- A quoi ça sert de faire des films ?
- ça permet aux gens de rentrer dans d’autres mondes, en général. Je voudrai donner l’image de beaux vieux de là-bas, pour faire réfléchir tout le monde.

- Est-ce que tu vas aller dans les maisons de retraite là-bas ?
- Il n’y en a pas là-bas. J’irais chez les gens, ou dans les pagodes pour voir les personnes âgées. Les pagodes sont vraiment des lieux de vie.

- Ca sert à quoi les temples ?
- Les gens viennent prier.

- Pourquoi tu vas rencontrer les personnes âgées là-bas et pas ici ?
- J’ai beaucoup travaillé ici sur les personnes âgées déjà. Je souhaiterai réfléchir à comment on pourrait faire pour mieux nous occuper de nos vieux. Je pense qu’à l’étranger (notamment dans le sud), les gens savent mieux s’occuper des personnes âgées.

Catherine leur a montré sa caméra ; les enfants sont toujours très curieux de l’audio-visuel...

NOV 2006 : Ecriture en classe par chaque enfant d’un portrait de vieille personne : ils s’attachent beaucoup aux aspects maladie, etc...

DÉC À AVRIL 2007 : Pendant que Catherine était en tournage, les enfants sont allé tous les jours sur le site, et écrivaient de temps en temps sur le forum (vous pouvez en trouver les traces dans les archives 2007).

MARS 2007 : Ils ont réalisé une table ronde entre eux : vaut-il mieux être jeune ou vieux ?
- Quand je serais vieux, je dirais "Oh purée, j’ai mal au dos, je ferais mieux de prendre des fruits, des légumes et des vitamines !"

- J’espère que dans 100 ans je serais belle, sans rides, très mignonne, énormément gentille et rigolote...

JUIN 2007 : Séance de retour de Catherine dans la classe après tournage : les questions ont été préparées , elles touche à son voyage, les difficultés, les moyens de déplacement, les conditions de vie et la vieillesse là-bas bien sûr !